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V.5.3.2 Impacts sur l’architecture du réseau L'opérateur remplace ses commutateurs locaux TDM par des softswitchs de classe 5. A la différence des solutions de classe 4, les serveurs d’appels de classe 5 peuvent supporter tous les types de services proposés par les commutateurs traditionnels locaux et servir tous les types de terminaux raccordés au réseau IP, directement ou par l’intermédiaire de MSAN « MultiService Access Node ». Le commutateur de classe 5 commute le trafic localement et le transfère vers le réseau de transit s’il n’est pas en mesure de se connecter directement au commutateur de classe 5 du destinataire de l’appel. Comme les fonctions logiques de concentrateur et de commutateur local sont souvent intégrées au sein d’un unique équipement, traditionnellement ils sont fournis par le même équipementier et la signalisation entre ces éléments est souvent propriétaire. Du coup, le passage à un réseau NGN en classe 5 s’avère plus compliqué car faire migrer les commutateurs locaux revient également à faire évoluer les concentrateurs qui leur sont rattachés. En outre, au-delà du service vocal basique, un réseau RTC fournit de nombreux services à valeur ajoutée, comme par exemple :
- Identification du numéro de l’appelant
- Messagerie vocale
- Appel en attente
- Interception d’appel
- Horloge parlante
La fourniture de ces services est assurée par les commutateurs TDM de classe 5 auxquels le réseau IN s’interconnecte. Par conséquent, la suppression d’un commutateur de classe 5 rompt le lien avec le réseau intelligent existant. L’implémentation du softswitch doit prendre ces éléments en compte et garantir la continuité de services pour l’abonné soit en re-créant le lien IN soit en implémentant les mêmes services sur une nouvelle plate-forme IN. Dans la perspective stratégique de l’opérateur visant à utiliser une solution NGN comme support de nouveaux services, la deuxième solution sera privilégiée mais nécessitera des investissements additionnels. Il en va de même au niveau du système de facturation également raccordé au commutateur de classe 5. L’implémentation d’un nouveau système de facturation pour la solution NGN n’est en soit pas très onéreux mais s’assurer de sa bonne intégration avec les systèmes de facturation existants est autrement plus compliquée. En conclusion, une migration de classe 5 s’avère être un véritable « big bang » au niveau du réseau de l’opérateur et cela est d’autant plus coûteux et complexe que le réseau est important. V.5.3.3. Raccordement de l’abonné Dans le cadre d’une migration NGN de classe 5, le raccordement des abonnés se fait avec un lien IP. Possédant rarement des infrastructures TDM, les opérateurs alternatifs fournissent des services VoIP basés sur les technologies d’accès haut débits et les administrent via le déploiement de softswitchs assumant les fonctionnalités de commutateurs de classe 4 et 5. On voit apparaître une nouvelle génération d’équipements d’accès haut débit baptisés IMAP (Integrated Multiservice Access Platforms) ou MSAN (Multiservice Access Node) qui savent gérer aussi bien des lignes haut débit que des accès analogiques. Ces équipements se connectent au réseau IP de l'opérateur et offrent le service téléphonique sous le contrôle du softswitch de classe 5. Ils permettent aux opérateurs de continuer à fournir des services traditionnels, et de continuer à remplir leurs obligations réglementaires, tout en tirant parti des solutions de softswitch IP.  Fig.V.7. Architecture d’un réseau NGN de classe 5 V.5.4. Scénario 4 : Mise en place de solutions tout IP en overlay
V.5.4.1. Définition
Dans ce cas, l’opérateur déploie une architecture entièrement basée sur IP, qui n’a pas besoin de se connecter au réseau de commutation existant, ceci en parallèle du réseau traditionnel, qui continue à vivre sa vie indépendamment. Ce type de solution est particulièrement adapté aux opérateurs historiques qui sont confrontés à une forte chute des revenus de téléphonie classique et qui, pour protéger leur base de clientèle, doivent lancer des solutions innovantes basés sur des technologies alternatives. Ce type d’approche est bien évidemment plus répandue auprès d’opérateurs alternatifs, qui dans la plupart des cas n’ont pas de réseau traditionnel à administrer. V.5.4.2. Impacts sur l’architecture du réseau
Le réseau paquet en overlay fournit les services à valeur ajoutée tandis que le réseau TDM traditionnel continue d’assurer le support des services téléphoniques de base. Les deux réseaux s’interconnectent via le déploiement de passerelles (les media gateways dans la figure ci-dessous) afin de garantir une terminaison d’appel sur un téléphone classique alors que l’appelant utilise un téléphone IP et inversement. Les réseaux VoIP et PSTN restent clairement séparés, au niveau du transport du trafic et de la signalisation.  Fig.V.8. Architecture overlay VoIP Pendant une certaine période, le réseau overlay peut se voir confier la responsabilité d’une partie du trafic téléphonique puis, une fois doté de la capacité et des caractéristiques de QoS suffisantes, il pourra prendre en charge la totalité du trafic RTC. Cependant dans ce type de solutions, les commutateurs locaux classiques sont conservés et devront continuer à être maintenus ou pourront être remplacés par des solutions NGN progressivement. Une fois le trafic RTC basculé intégralement sur le réseau IP overlay, à priori, seuls les commutateurs du coeur de réseau RTC (à partir de la classe 3 ou commutateur de transit) pourront être abandonnés. Afin de garantir la qualité de service nécessaire pour certaines applications, l’opérateur pourra déployer la technologie MPLS en complément de l’IP.
V.5.4.3. Les différentes phases de la stratégie de migration overlay
La stratégie overlay est intimement liée à la stratégie de déploiement du réseau d’accès haut débit de l’opérateur. En effet, de la vitesse de déploiement du réseau et du rythme des abonnements haut débit dépendent la date de migration complète des abonnés RTC vers le réseau NGN. • Phase 1 : Le DSL tel qu’il est déployé aujourd’hui permet de supporter sur une même ligne des services vocaux RTC classiques et des services de données en haut débit sur une même paire de cuivre grâce à l’usage de filtres. La carte de la ligne d’abonné est localisée dans le concentrateur local.
• Phase 2 : Le DSLAM est remplacé par un MSAN (Multi-Service Access Nodes) supportant à la fois les technologies TDM et ATM/IP. Les cartes RTC et DSL sont maintenant localisées dans le MSAN et la signalisation s’effectue entre le MSAN et le commutateur RTC de classe 5. Les nouveaux abonnés DSL devraient être raccordés à cette nouvelle plate-forme pour les services vocaux et donnés.
• Phase 3 : Le MSAN est mis à niveau pour devenir un pur équipement IP, qui assume la terminaison des appels vocaux RTC et les convertit en VoIP. Un softswitch est désormais nécessaire puisque le commutateur de classe 5 n’est plus relié directement au MSAN. Une passerelle media doit aussi être ajoutée au réseau afin d’assurer la connexion entre le réseau RTC existant et la plate-forme IP pour supporter les appels IP vers RTC. Les abonnés existants et les nouveaux abonnés migrent automatiquement vers la VoIP, même si le service qu’ils reçoivent est toujours de type RTC.
• Phase 4 : Une fois que la migration a attiré suffisamment d’utilisateurs et que l’opérateur est prêt, le reste des abonnés RTC peut être transféré sur la nouvelle plate-forme IP et le réseau RTC peut alors être définitivement abondonné.  Fig.V.9. Les différentes phases de la stratégie de migration overlay
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