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Page 1 sur 5 V.1. Introduction La problématique de passage à une architecture NGN (Next Generation Network) du coeur de réseau fixe des opérateurs historiques s’inscrit avant tout dans une logique de diminution des coûts, avec le passage à une infrastructure unique basée sur IP pour le transport de tout type de flux, voix ou données, et pour toute technologie d’accès (RTC, WiFi, etc.). L’impact majeur d’un passage à une architecture NGN pour les réseaux de téléphonie commutée est que le commutateur traditionnel est scindé en deux éléments logiques distincts : le media Gateway pour assurer le transport et le soft switch pour assurer le contrôle d’appel. Cette évolution permet théoriquement des gains en termes de performance et d’optimisation des coûts, mais elle peut aussi faciliter le déploiement de nouveaux services.
La plupart des opérateurs historiques Européens ont testé ou commencé à déployer des architectures NGN. La plupart d’entre eux ont dans la pratique des solutions NGN qui sont utilisées dans leurs réseaux nationaux. Toutefois, pour l’instant, ces solutions ne sont pas déployées dans une perspective de remplacement complet des solutions de réseau commuté traditionnelles, utilisées pour le transport du trafic voix. Dans certains cas, l’utilisation de soft switch est contingentée aux services voix sur IP, et dans d’autres, l’utilisation de soft switch n’intervient qu’en des noeuds de commutation dont les équipements TDM sont arrivés en fin de vie. Dans ce dernier cas, les opérateurs sont dans une logique de remplacement de leurs solutions.
V.2. De nouvelles solutions technologiques sont déployées dans les réseaux NGN Un réseau NGN utilise un ensemble d’équipements qui jouent le même rôle qu’un commutateur traditionnel, mais qui sont désormais séparés en composants distincts : Le « softswitch » [10] est la solution qui gère dans un réseau NGN l’intelligence du service de commutation (gestion de tables d’appels, gestion des plans de numérotation). Toutefois, ce softswitch n’est plus associé à un point physique du réseau, et ne gère plus les liens physiques du réseau, comme c’était le cas dans un réseau TDM.
Le « media gateway », dont le rôle est d’assurer la gestion (disponibilité, détection de fautes) de la couche physique du réseau. Cette couche physique peut être le réseau de transmission, ou le réseau d’accès. Dans le cas où il s’agit du réseau d’accès, la fonction de media gateway peut être embarquée dans l’équipement d’accès lui-même.
V.3. Présentation de la problématique de migration NGN du coeur de réseau fixe [11]V.3.1. Description et définitions d’un réseau téléphonique traditionnel Le réseau téléphonique traditionnel utilise la commutation de circuits d’où son nom de « Réseau Téléphonique Commuté (RTC) ». La commutation de circuits (aussi nommée transmission TDM) est caractérisée par l’établissement d’une liaison bidirectionnelle entre deux extrémités du réseau pendant toute la durée de la communication, assurant la continuité du transfert de l’information en temps réel. Le principal inconvénient de cette méthode de commutation est qu’elle gaspille de la capacité en bande passante puisque la ligne ne peut être utilisée que pour cette communication. Dans la commutation de circuits, les commutateurs sont reliés entre eux par des circuits et aux abonnés par des lignes d’abonnés. Les commutateurs sont hiérarchisés. Le réseau RTC est ainsi divisé en plusieurs sous-ensembles suivant un découpage en différentes zones :
1. Zone Locale (ZL)
Dans la zone locale, les abonnés sont raccordés à un même commutateur local (CL). Les CL établissent les connexions entre les lignes d'abonnés et leur CAA (commutateur à autonomie d’acheminement) de rattachement. Dans l’étude, nous parlerons de commutateurs de classe 5 en référence aux CL.
2. Zone à Autonomie d’Acheminement (ZAA)
Une ZAA est une zone géographique formée par un ensemble de ZL appartenant à une même zone. Les commutateurs qui équipent une ZAA sont des CAA. Ils gèrent la commutation de circuits et l’acheminement du trafic entre différentes ZL et entre différents CAA d’une même ZAA. Dans l’étude, nous parlerons de commutateurs de classe 4 en référence aux CAA. 3. Zones de Transit (ZT)
Il y a plusieurs zones de transit selon que l’on se trouve à un niveau régional, national ou international.
- Zones de Transit Secondaire (ZTS)
Une ZTS est délimitée par un (ou plusieurs) CTS (Commutateur de Transit Secondaire) qui gèrent un ensemble de CAA situés dans la zone considérée. Les CTS n’intègrent aucune intelligence et assurent uniquement le brassage des circuits lorsqu'un CAA ne peut directement atteindre le CAA du destinataire. - Zone de Transit Principale (ZTP)
Une ZTP regroupe plusieurs ZTS et inclut un CTP (Commutateur de Transit Principal) qui gère les CTS de la zone. Cette zone assure la commutation des liaisons longue distance. - Zone de Transit Internationale (ZTI)
L’un des CTP d’une ZTP est relié à un Commutateur de Transit International (CTI) permettant de traiter le trafic provenant ou à destination de l’international. Dans l’étude, les commutateurs des zones de transit sont appelés commutateurs de classe 3.
 Fig.V.1. Description du réseau RTC et terminologie pour l’étude |