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Principes fondamentaux de la comptabilité analytique Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

  

    « Il n’est pas de bon vent pour qui ne sait pas où il va » disait Sénèque.
Nul ne peut gérer à l’aveuglette. La comptabilité analytique est l’outil de prédilection qui permet de savoir où l’on va.

   Quelles sont les activités rentables ? Quelles sont les produits qui font perdre? sont des questions déterminantes auxquelles seule la comptabilité analytique peut réellement répondre.

   A l’origine, l’expression en usage était comptabilité industrielle car elle s’appliquait essentiellement à l’industrie. Elle est devenue comptabilité analytique d’exploitation, par la suite, dés que les prestataires de services du secteur tertiaire ont été conduits, eux aussi, à établir des coûts de revient.

   De nos jours, la comptabilité analytique ne peut pratiquement plus se distinguer de la comptabilité dite de gestion ou interne, parce qu’elle satisfait à plusieurs objectifs. Fondamentalement, la comptabilité analytique fait référence à la cueillette de données quotidiennes aux décisions stratégiques, et même dans le passé, la comptabilité analytique aide l’entreprise à répondre aux exigences de la loi, c’est-à-dire à rendre compte aux actionnaires, aux agences gouvernementales, ainsi qu’aux personnes qui s’intéressent à l’entreprise.



SECTION 1 : Définition et  objectifs de la comptabilité analytique

1. Définition de la comptabilité analytique :

   La comptabilité analytique est un outil de gestion qui permet à chaque responsable d’entreprise, grande ou petite, de connaître la valeur des flux  et des faits, et de pouvoir analyser les conséquences de ses décisions ou de ses engagements pris lors de la budgétisation.
   
   La comptabilité analytique est une méthode quantitative qui accumule, classifie, résume et interprète les renseignements en se fixant trois buts principaux :

  • La planification et le contrôle des activités ;
  • La prise de décisions inhabituelles ;
  • L’évaluation d’un produit.


   Il s'agit en fait du système d'information comptable interne propre à la structure de l'entreprise et à la nature de son environnement, qui permet aux dirigeants de l'entreprise :

  • de suivre l'évolution des coûts intermédiaires et des coûts de revient ;
  • d’avoir les éléments chiffrés de l’activité à intervalles périodiques qui peuvent aller de la journée au mois sinon même à l’année, ce qui permet de faire le point ;
  • de prendre les meilleures décisions de gestion quel que soit leur niveau de responsabilité pour atteindre leurs objectifs.


   Ce système est fondé sur la rapidité d’information plus que sur sa précision. La comptabilité analytique apporte des informations économiques sur le passé récent et sur le présent, elle est intégrée au système de gestion global et elle est très liée au contrôle budgétaire.

   Une parfaite connaissance des facteurs internes, de leur affectation, de leur évolution et de ses raisons facilite grandement la gestion. Car il ne s’agit plus de savoir si telle charge correspond à une facture payée à un tiers, mais de déterminer quelle part de cette charge peut être attribuée à tel produit où à telle activité, à tel sous-ensemble de l’entreprise, usine, atelier, machine, poste de travail, ou à tel responsable.

   La comptabilité analytique permet donc de savoir avec précision quand,  comment, où l’entreprise crée de la valeur.

Quelques recommandations du plan comptable général pour une comptabilité analytique efficace :


  • Il appartient à l’entreprise d’établir son plan de comptabilité analytique en retenant les solutions les mieux appropriées pour répondre aux besoins d’information exprimés par les responsables de l’entreprise.
  • Quelques chiffres significatifs sont plus efficaces qu’une documentation volumineuse qui n’est pas consultée faute de temps.
  • Un renseignement approximatif et rapide est souvent plus utile qu’un renseignement plus exact mais connu trop tard.


2. La comptabilité analytique complément de la comptabilité générale :

   La comptabilité générale permet de déduire le résultat d'exploitation, par comparaison des charges engagées avec les produits générés, lesquels sont classés par nature.
 
   Toutefois, les informations qu'elle fournit, pour nécessaire qu'elles soient, sont insuffisantes à une connaissance et à une compréhension complète de l'activité de l'entreprise, et ce, pour plusieurs raisons parmi lesquelles on peut citer notamment :

  • Le caractère excessivement formaliste de la comptabilité générale : Tenue par le strict respect des règles d'évaluation et d'enregistrement, la comptabilité générale est surtout préoccupée par la recherche de détails et d'égalités strictes (respect du principe de la partie double, nature des soldes obtenus pour les comptes,...) ayant souvent peu de rapports directs avec les préoccupations des dirigeants.


 

  • Une classification unicritère des charges : leur nature dans une optique coût, cette classification s'avère insuffisante dés lors qu'on voudra obtenir un coût par fonction, par produit, par commande...


  • L'existence d'un résultat d'exploitation globale : En matière de gestion, cette information n'est satisfaisante que dans le cas où une entreprise produit ou commercialise un seul bien ; dés qu'une entreprise produit ou commercialise plus d'un bien, un résultat d'exploitation global devient évidemment insuffisant en ce sens qu'il masque la contribution de chaque bien à ce résultat global.


 

  • L'enregistrement exclusif de flux externes : dans la phase pré-inventaire, les informations enregistrées par la comptabilité générale ont fait l'objet d'établissement de pièces comptables (facture d'achat de biens et services), ou destinées à l’extérieur (factures de vente de biens et services).

            
   Les flux internes tels que les prestations mutuelles entre les centres d'activité ne font pas l'objet de pièces comptables, mais leur saisie est néanmoins nécessaire à une connaissance correcte des coûts.

   Exemple : Pour les frais de personnel, la comptabilité générale enregistre le montant global, sans faire apparaître la fraction imputable à chaque service ou atelier. Ceci est d'ailleurs valable pour l'ensemble des charges.
 

  • Le mode de calcul de la charge d'amortissement qui se réfère à la valeur d'origine et à des règles fiscales : la charge d'amortissement constatée en comptabilité générale, a pour base de calcul la valeur d'origine, ce qui ne correspond pas au souhait des entreprises d'obtenir un coût économique (différent du coût comptable), c'est à dire un coût qui prenne en considération au moment où il est calculé, les réalités du marché ; dans cette optique, la charge d'amortissement enregistrée en comptabilité générale s'avère peu pertinente dans le calcul des coûts.


  • Le choix d'un exercice comptable de douze mois : ce choix est souvent incompatible avec le besoin d'accéder rapidement à l'information et de prendre des décisions immédiates qui peuvent modifier les comportements futurs.


  • La non prise en considération par la comptabilité générale de la rémunération des capitaux propres mis à la disposition de l'entreprise par les associés : par analogie avec les intérêts dus sur emprunts, la rémunération des capitaux propres (sous formes de bénéfices nets distribués aux associés) est considérée en comptabilité analytique comme une charge financière (appelée charge supplétive).

   Ces raisons limitent le domaine d'application de la comptabilité générale, et justifient la mise en place dans les activités complexes, d'un système de comptabilité analytique.

   Le tableau ci-après, résume quelques critères de comparaison entre le
système comptabilité générale et le système comptabilité analytique.



Tableau n°01 : Les critères de comparaison entre le système  comptabilité générale et le système comptabilité analytique

 

 

 CRITERE DE COMPARAISON  COMPTABILITEGENERALE  COMPTABILITE ANALYTIQUE
1.      Approche des charges Saisie détaillée : subdivision des charges Regroupement des charges en coûts
2. Classification des  charges  Classification unicritère : Selon leur nature Classification  multicritère :par nature, par centre d’activité…
3. Forme du résultat d’exploitation Global Expliqué par produit
4. Nature des flux enregistrés Exclusivement de type externe de type externe et interne
5. Base de calcul de la charge d’amortissement  - Le coût d’acquisition- Une durée de vie conventionnelle de nature fiscale - La valeur de remplacement- Une durée de vie de nature économique
6. L’exercice comptable L’année civile Inférieure à 12 mois
7. L’approche des   capitaux propres Dette (passif non exigible) qui ne génère pas de charge financière pour l’entreprise Ressource externe qui a pour contrepartie une charge financière 

 



 
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